La famille
…où tout était féérique, la nature ne ressemblait que de loin à celle de notre monde, les couleurs y étaient incroyablement plus éclatantes, et surtout, pas disposées comme chez nous. L’herbe n’était pas verte, mais bleu émeraude, les arbres étaient verts, lisses, avec des feuilles blanches ou roses, ou rouges même. Les fleurs étaient présentes partout, avec des formes toutes plus bizarres les unes que les autres. Elles exhalaient des parfums délicats mais présents et qui enchantaient notre odorat. Et surtout, elles dépassaient de loin la taille d’un être humain. En haut de l’une d’elle était assis un être fabuleux, une fée qui se prélassait et se riait de mon drôle d’air devant ce paysage si singulier, au loin, chantaient les elfes…
-A table !
Voilà qui ramenait à la réalité ! William était en train de lire le manuscrit de son oncle, Stanislas. Il était écrivain. Il avait un grand respect pour cet homme là qui écrivait des livres formidables ! Certains disaient qu’il était « dérangé » pour inventer des histoires pareilles. Mais pour William, son oncle avait simplement une imagination à couper le souffle. Ses livres, c’était parfois féériques à l’extrême, comme ce que William venait de lire, parfois limite « gore », ce qui lui avait valu quelques cauchemars bien terribles. Mais jamais vulgaire. William lisait tous les manuscrits de son oncle, page après page. L’oncle Stan lui demandait son avis, son neveu l’avait même sorti plus d’une fois de l’angoisse de la page blanche quand il était coincé. C’est pourquoi il y avait toujours une petite dédicace, spécialement pour lui. Ca le touchait, même si son oncle lui disait que c’était normal.
-J’arrive !
William dévala les escaliers, il sentaient bon ses petits plats, tout juste sortis du four…tout juste sortis aussi du congel…Mais bon, l’oncle Stan cumulait les casquettes d’écrivain de génie, et de mère au foyer…pas facile. D’autant qu’il n’avait pas que son neveu, il avait une fille, Elerina.
Elle était déjà à table, bien sûr, elle était docile, et ne cherchait pas à contrarier son papa ! Une fille formidable que William appelait sa petite sœur, bien que ce ne soit pas le cas, ils étaient tellement proches que tous les croyaient frères et sœurs.
Stanislas était là, assis, dans les nuages, il regarda William arriver avec un léger sourire qui donnait à son visage cet air paisible que son neveu aimait tant. Et qui avait quelque chose de rassurant. Il était son père, il était sa mère, son conseiller, son ami. Il était tout pour lui. Toujours les cheveux en bataille, un peu trop longs, habillé dans des couleurs qui n’auraient pas dépareillées dans ses descriptions féériques. Ici, on le traitait d’être fantasque, d’original, les autres lui jetaient des regards hautains. On dérange quand on est différents, forcément… Mais lui, il s’en moquait bien et c’était tant mieux ! Ce que ne voyaient pas les autres c’est ce qu’il y avait dans son regard….des milliers d’étoiles, qui scintillaient et témoignaient de tout ce qu’il y avait de fabuleux en lui. Il avait raconté à William que celui-ci était chez lui depuis l’âge de six ans, l’âge auquel il avait perdu ses parents dans un accident d’avion, il en avait aujourd’hui quinze. Stanislas l’avait aidé à surmonter sa douleur, celle de perdre ses parents si jeune, les deux d’un coup. Vue son caractère, il aurait pu perdre pieds, s’enliser, mais il avait été tellement entouré par cet oncle qu’il avait tenu bon. C’est ainsi que William voyait son oncle, même s’il ne se souvenait de rien, il avait tout oublié de son enfance, de ses parents, et de ce drame. C’est là que Stanislas commença à lui raconter des histoires formidables qui le faisaient voyager au pays des elfes et des fées. C’était des moments magiques, lorsqu’il lui décrivait les lieux, les personnages, William avait vraiment l’impression que son oncle avait vécu tout ça ! D’ailleurs il y croyait toujours un peu, pourquoi pas ? Avoir un oncle qui connaissaient des elfes et des fées…
-Super Stan ce que je viens de lire.